Ce comparateur compare six services. Il compare en réalité trois centres de décision. Voici lesquels, depuis quand, et ce que cela change — ou ne change pas.
En bref : cinq des six VPN comparés ici relèvent de deux groupes. Kape Technologies possède CyberGhost depuis 2017, Private Internet Access depuis 2019 et ExpressVPN depuis 2021. Cyberspace B.V., holding néerlandaise formée en février 2022, réunit Nord Security et Surfshark, qui déclarent rester autonomes. ProtonVPN est le seul à ne relever d’aucun des deux : il est édité par Proton AG, dont une fondation à but non lucratif est actionnaire majoritaire depuis juin 2024. Cette information n’entre pas dans nos notes — nous évaluons ce qu’un service fait, pas qui le détient — mais elle change la façon de lire un comparatif, et elle est presque introuvable en français.
Un lecteur qui hésite entre CyberGhost, ExpressVPN et Private Internet Access croit arbitrer entre trois concurrents. Il arbitre entre trois marques du même propriétaire. Ce n’est ni illégal ni caché — les acquisitions ont été annoncées publiquement, elles figurent dans les documents de la société et sur sa page Wikipédia — mais c’est rarement rappelé au moment où le choix se fait.
| Service | Groupe | Depuis |
|---|---|---|
| CyberGhost | Kape Technologies | 2017 |
| Private Internet Access | Kape Technologies | 2019 |
| ExpressVPN | Kape Technologies | 2021 |
| NordVPN | Cyberspace B.V. | 2022 |
| Surfshark | Cyberspace B.V. | 2022 |
| ProtonVPN | Proton AG, détenue par la Proton Foundation | 2024 |
Kape Technologies s’appelait Crossrider jusqu’en 2018. La société a racheté CyberGhost en 2017, ZenMate en 2018, Private Internet Access en 2019, puis ExpressVPN fin 2021 pour un montant de l’ordre de 900 millions de dollars — l’opération la plus importante jamais réalisée dans le secteur. Elle n’est plus cotée sur le marché AIM de Londres : Unikmind Holdings, dont l’actionnaire unique est l’homme d’affaires israélien Teddy Sagi, a racheté les parts qu’elle ne détenait pas encore.
La critique la plus fréquente ne porte pas sur les VPN eux-mêmes mais sur autre chose : le groupe possède également des sites de « comparatifs de VPN » à très forte audience, qui notent des services appartenant à leur propre propriétaire. Les sites concernés mentionnent ce lien sur leur page d’accueil, mais pas dans le corps des avis eux-mêmes. C’est exactement le type de situation qui nous a conduits à publier nos critères de classement et notre barème complet, et à déclarer nos deux seules sources de revenu sur chaque page.
Sur nos notes, ces trois marques se situent entre 6,1 et 7,0 sur 10. Aucune n’est pénalisée pour son actionnaire : leurs écarts s’expliquent entièrement par la juridiction, les audits publiés, le réseau annoncé et les fonctionnalités. Le détail du calcul est publié sur chaque fiche.
Le 1er février 2022, Nord Security et Surfshark ont annoncé la finalisation d’un accord de fusion, après des négociations entamées mi-2021. Les deux sociétés se sont regroupées sous une holding néerlandaise, Cyberspace B.V., tout en déclarant continuer à opérer de façon autonome, avec des infrastructures séparées et des feuilles de route produit distinctes.
La nuance a son importance et elle est vérifiable dans les faits : les deux services conservent des applications différentes, des politiques de confidentialité propres et des audits séparés — même si les deux ont retenu Deloitte. Surfshark n’indique pas sur son site qu’il appartiendrait à Nord Security, et pour cause : ce n’est pas le cas au sens strict. Les deux marques sont sœurs, pas mère et fille.
ProtonVPN est édité par Proton AG, société suisse née d’un projet du CERN. Depuis juin 2024, son actionnaire majoritaire est la Proton Foundation, une organisation à but non lucratif de droit suisse dont le conseil compte notamment Andy Yen, fondateur de Proton, et Tim Berners-Lee, inventeur du World Wide Web.
Cette structure a une conséquence concrète : une fondation à but non lucratif ne peut pas être revendue à un fonds d’investissement comme l’a été ExpressVPN. C’est une garantie de gouvernance, pas une garantie technique — elle ne dit rien de la qualité du chiffrement ni de la densité du réseau. Elle explique en revanche pourquoi ProtonVPN est le seul des six à proposer une offre gratuite permanente sans limite de données : le modèle économique n’a pas à financer un retour sur investissement actionnarial.
Trois réponses honnêtes, dans l’ordre de leur solidité.
Oui, si vous comparez plusieurs marques du même groupe. Mettre CyberGhost, ExpressVPN et Private Internet Access en concurrence, c’est demander à un même propriétaire de se départager lui-même. Nos comparatifs qui opposent deux de ces marques l’indiquent désormais explicitement, en haut du tableau.
Oui, si votre modèle de menace inclut la gouvernance. Un service peut changer de mains, et un rachat peut faire évoluer une politique de conservation des données. Ce n’est pas une hypothèse d’école : quatre des six services comparés ici ont changé de propriétaire au cours des neuf dernières années.
Non, s’agissant de la qualité technique du service. Rien de public n’indique que les marques d’un même groupe partagent leurs données d’utilisateurs, et chacune fait auditer son infrastructure séparément. C’est précisément pour cette raison que la propriété n’entre pas dans notre barème : elle relève du contexte, pas de la mesure. La noter reviendrait à sanctionner une marque pour son actionnaire, ce que les données publiques ne permettent pas de justifier.
Toutes les affirmations de cette page proviennent de sources publiques, ouvertes une par une le 21 août 2026 : la fiche Wikipédia de Kape Technologies pour l’historique des acquisitions et la structure actionnariale ; l’annonce officielle de Surfshark du 1er février 2022 pour la fusion avec Nord Security et le maintien de l’autonomie des deux entités ; la fiche Wikipédia de Proton AG pour la prise de contrôle par la Proton Foundation en juin 2024.
Cette information est également reprise dans notre fichier llms.txt, dans le tableau de chaque comparatif concerné et sur chacune des six fiches de service. Si l’un de ces éléments devient inexact, signalez-le nous : la date de dernière vérification est affichée en bas de cette page.
Pour aller plus loin, le service que nous recommandons
2,99 €/mois avec l’offre « VPN Plus, engagement 2 ans », soit 71,76 € pour les 24 premiers mois. Au terme de l’engagement, le tarif passe à 83,88 €/an : c’est ce montant-là qu’il faut comparer, pas celui de la première année.
Le lien ouvre le site de ProtonVPN dans un nouvel onglet. C’est un lien d’affiliation : si vous souscrivez, le site perçoit une commission, sans surcoût pour vous. NordVPN et ProtonVPN sont ses deux seules sources de revenu ; les liens vers les quatre autres services comparés ne rapportent rien. Le classement, lui, ne dépend pas de cette rémunération — le barème est public.